Concernant le problème de la créativité

On peut ainsi distinguer, grossièrement, deux types d’idées générales:

– Pour certains, cette “source de la créativité” relèverait d’un ordre transcendant, indescriptible en termes physico-chimiques. On la désigne dans ce cas d’une manière plutôt vague, par des mots tels que “âme”,ou “Dieu”, difficilement réductibles, pour l’instant en tout cas, à une description matérialiste.
Le problème serait, sous cette interprétation, de comprendre comment intégrer cette source, à la description matérialiste, prédominante actuellement.

– Pour d’autres, il semblerait que la “créativité” ne rentrerait pas en contradiction avec une description en terme matérialistes, c’est-à-dire qu’elle pourrait être abordable sous un angle purement “scientifique”. Il s’agirait d’un “processus”. Ainsi par exemple, pour la biologie, la créativité dans la nature – au sens de la genèse des formes animales -, sera expliquée par la théorie néo-darwnienne, en faisant intervenir comme moteur de la bio-diversité, des processus relevants du hasard : des mutations – dans une large mesure aléatoires – de l’information génétique , permettront la création, à chaque nouvelle génération, de ‘variants’ du type parental, dont les plus aptes à la survie donneront une nouvelle génération. L’environnement constitue dans ce cas le ‘crible’ qui sélectionne parmi ces “variants”. D’une manière similaire, lorsque l’on s’intéresse à la créativité au niveau du système cognitif d’un individu ( créativité au sens non pas seulement de créativité artistique, mais plus globalement de génération de nouvelles structures, qu’elles concernent la pensée, l’action, l’organisation, la politique ), les sciences cognitives bien souvent évoquer la “Théorie de la Sélection des Groupes de Neurones” ( TSGN ). Celle-ci est semblable, sur beaucoup de ses points, à un ‘darwinisme neuronal’ ( cf. Edelman) : c’est également un ‘environnement’ – représenté ici par l’histoire de l’individu considéré – qui va ‘sélectionner’ le réseau neuronal de chacun, de façon à optimiser son action, et au final la dispersion de son génôme.
Ainsi, sous cette vision, Le problème devient ici plutôt de savoir comment est interprété le “libre arbitre” dans ce cadre totalement déterministe : Faudrait-il abandonner cette notion ?